Jipango No3 mars 2000 .
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Voyage
au Japon
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Pierre Baudry, consultant Business, littérature et saké ! |
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Président de SBA (Strategie for Business in Asia), Pierre Baudry aide, depuis 1973, les entreprises françaises qui souhaitent s'implanter au Japon. Mais sa vraie passion, c'est la culture japonaise dont il apprécie la littérature mais aussi le saké ! Mon premier voyage au Japon date d'il y a plus de 30 ans.
Quand je suis arrivé en train, par le Transsibérien,
c'était encore le milieu des années Showa. Ce n'était
pas mon premier contact avec l'Asie car j'avais été
étudiant à Pékin dans les années
60. Comme je n'avais pas beaucoup d'argent, je voyageais surtout
en auto-stop, même en plein hiver, sous la neige. J'ai donc eu la chance de connaître le Japon de la fin des années 60. La culture traditionnelle y était encore très présente... Et puis il y a eu la période très créative des années 75 à 85. Le Japon a apporté au monde une nouvelle esthétique dans la mode, la décoration, de nouvelles méthodes de fabrication, d'emballage, de relations clientsCe fut une période absolument fabuleuse ! Cette période a été suivie d'une autre, beaucoup moins intéressante, durant laquelle les Japonais ne pensaient qu'à l'argent. Tout le monde n'avait qu'une idée en tête : devenir riche... Ce n'était pas très beau à voir Actuellement, il me semble qu'on assiste à une certaine normalisation. Le Japon est en train de devenir un pays comme les autres. |
| Je me méfie beaucoup des gens qui
déplorent sans cesse que l'ancien Japon est en train de
disparaître. En réalité, le Japon n'a jamais
cessé de changer, de se renouveler... Prenons l'exemple des sushi. On croit généralement que ce plat, tout à fait typique du Japon traditionnel, existe depuis des centaines d'années sous la même forme. Rien n'est plus faux : il y a seulement 30 ans, les sushi n'avaient pas du tout le même goût qu'aujourd'hui. On ne servait pas de sushi de toro (le thon gras qui est aujourd'hui l'un des mets les plus chers et les plus recherchés), ni de saumon. De même, l'algue nori était utilisée très différemment et l'ambiance des sushiya était très différente. |
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Autre exemple édifiant : le saké. A l'époque où je suis arrivé au Japon, il était très difficile de trouver du bon saké. Depuis, les fabricants ont fait énormément de progrès grâce, en partie, à une «Association pour la protection du saké et de la culture culinaire japonaise » (Nihon no sake to shoku bunka o mamorukai), dont je suis membre et qui s'est battue pour soutenir les vrais brasseurs. Après avoir visité un grand nombre de kuramoto (maison de saké), j'ai pu éduquer mon goût et savoir distinguer les bons et les mauvais saké. Je recommande de boire en priorité le jyunmaishu, qui est le vrai, le pur saké. On peut aussi déguster les très raffinés ginjyo et dai ginjyo à condition qu'ils soient junmai. Mes 3 livres préférés
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