Jipango No3 mars 2000 .

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... Voyage au Japon

Philippe Picquier, l'homme qui a mis le Japon à la page

De son goût pour l'étranger et les différences, Philippe Picquier a fait un métier : éditeur. Son catalogue compte aujourd'hui 450 titres dont 40% d'ouvrages japonais ou traitant du Japon.


J'ai toujours eu une sorte de prédisposition pour l'Asie. Mais ce sont surtout mes rencontres avec les écrivains que j'ai édités, qui m'ont appris à la découvrir. Et plus je la découvrais plus je voulais en savoir davantage.

La première fois que je suis allé au Japon, c'était en 1987. J'étais aussi inquiet qu' un Japonais qui arriverait pour la première fois à Naples. J'étais complètement perdu, géographiquement, linguistiquement, visuellement... Mais tout s'est finalement très bien passé !

 Le premier livre que nous avons publié est une anthologie de nouvelles japonaises en trois volumes, de 1910 à nos jours. Cet ouvrage a si bien marché qu'il a été, depuis, édité en format de poche. Ce premier essai a montré qu'il y avait une vraie demande des lecteurs français pour la littérature japonaise.

Au bout de 2 ou 3 ans, j'ai compris que l'on pouvait constituer un catalogue sur l'Asie, mais à condition de créer des « passerelles » entre les genres, entre les livres.

Lorsque nous avons commencé à publier de la littérature policière, par exemple, j'ai tenu a ce que tous les genres soient représentés. Nous avons commencé par le très classique Edogawa puis nous avons enchaîné sur Matsumoto, Yokomizo, jusqu'à Akagawa Tous ces auteurs ont des styles très différents mais ce qui était intéressant, c'était de les réunir dans une même collection. Quand vous voulez faire comprendre un pays ou une culture, la première chose qu'il faut dire, c'est que cette culture est diverse, qu'elle a plusieurs visages. C'est la raison pour laquelle, en dehors des romans, je publie aussi des essais, comme Cent ans de pensée au Japon, des livres d'art, des documents, des livres sur le thé, le zen

Cette curiosité des Français pour la littérature étrangère et pour l'Asie en particulier était, au début, très intellectuelle. A présent, je crois qu'elle est bien réelle et concerne un public beaucoup plus large. La preuve, la collection de poche que nous avons créée il y a 5 ans marche très bien. Grâce à elle, les gens achètent plus facilement Soseki ou même une biographie de Mishima... Actuellement, c'est avec Murakami Ryu, que nous réalisons nos meilleures ventes. Parmi les titres les plus demandés : 1969, Kyoko, Raffles Hotel, Les bébés de la consigne automatique et le plus récent, Miso soup.

Les livres sur l'Asie sont beaucoup plus nombreux en librairie qu'il y a dix ans. Presque partout, on trouve un rayon Asie à côté des rayons littérature anglosaxonne ou allemande. Cela montre bien qu'un éditeur peut aussi faire bouger les choses.

Je considère, quant à moi, que la littérature n'a pas de frontières. Il existe simplement, au Japon, de très bons livres et des écrivains japonais de talent qui peuvent toucher des lecteurs à Paris, Rome ou New-York. Ce sont ces écrivains que je veux publier : Murakami Ryu, Matsuura Rieko ou Hirano Keiichiro, par exemple.

Durant mes différents séjours au Japon, à part Tokyo, j'ai beaucoup aimé visiter Kyoto, Nara... ainsi que le Kyushu autour de Fukuoka Je me souviens d'un été où j'ai fait la tournée des onsen (sources thermales). On passait d'un onsen à un autre et au début c'était très éprouvant. Je me baignais dans le bain des enfants ou dans celui des femmes car celui des hommes était trop chaud pour moi ! Il y a eu un instant magique dans un onsen à flanc de montagne, avec un paysage merveilleux... Tout ce qui m'en reste, ce sont quelques images inoubliables.

A Tokyo, je fais toujours confiance à mon ami Murakami Ryu pour découvrir de nouveaux endroits. Voici quelques adresses qu'il recommande particulièrement :

Mana House : 3-13-3 Roppongi, Minato-ku. Tel.3478-4935. Un restaurant qui sert une cuisine originale, unique. Il n'y a pas de carte. On discute son menu avec le chef.

Eau de Vie : 3 F Hotel Century Hyatt, Shinjuku-ku. Un excellent bar.

Miyako : 1-20 Yotsuya, Shinjuku-ku. Tel. 3357-7097. C'est un restaurant de cuisine familiale mais assez haut de gamme.

Sugar Hiiru : 4-12-50 Roppongi, Minato-ku. Tel. 5410-1550. C'est un bar SM avec des hôtesses habillées en cuir, style « bondage » .

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 VIENT DE PARAITRE

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PHILIPPE PICQUIER

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