Jipango No3 mars 2000 .
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Comment
aborder la littérature japonaise (I)
| Depuis le Dit du Genji, roman
de cour écrit au XI e siècle jusqu'aux récits
désenchantés de Yoshimoto Banana (Kitchen) en passant
par les grandes fresques historiques de Inoue Yasushi ou les
intrigues policières d'Edogawa Rampo, la littérature
japonaise a abordé à peu près tous les genres
et expérimenté tous les styles. Elle a aussi donné
naissance à de très grands auteurs dont les uvres,
traduites dans le monde entier, ont atteint une portée
universelle. Plutôt que de dresser la liste des livres ou des auteurs à lire absolument -tâche qui serait d'ailleurs impossible- nous avons préféré vous offrir une sélection plus subjective d'ouvrages regroupés par thèmes et présentés par quatre lecteurs éclairés. Bien entendu, la liste est loin d'être exhaustive... |
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par Daniel Struve Maître de conférence à l'Université de Paris VII, Daniel Struve est l'auteur d'une thèse de doctorat (en cours de publication) sur Ihara Saisaku dont il a traduit plusieurs romans. La littérature classique du Japon s'étend du 7è siècle de notre ère au début de l'ère Meiji qui marque l'ouverture du pays aux influences occidentales. Sous l'influence de la brillante culture chinoise des Tang naît une civilisation originale autour des capitales Nara (8e siècle), puis Heian (9e au 12e siècles), où fleurissent tant la poésie que les récits en prose. |
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Le chef-d'uvre incontesté de cette production romanesque est le Dit du Genji de Murasaki Shikibu (trad. de René Sieffert, POF, 1977 et 1988) qui évoque la vie du prince impérial Hikaru Genji, les hauts et les bas de sa carrière, son éducation sentimentale, son amour coupable pour la concubine impériale Fujitsubo et celui qu'il éprouve pour son épouse principale Murasaki no ue, toutes deux reflets de l'image idéalisée de la mère disparue. uvre d'une dame de la cour du début du 11e siècle, le Dit du Genji fait revivre l'univers raffiné des palais de Heian alors à son apogée, mais aussi la vie intérieure des personnages et les relations complexes qui s'établissent entre eux. Il constitue un sommet de la littérature romanesque universelle. Le monde protégé des courtisans de Heian sera
bouleversé par la montée en puissance des guerriers
qui s'emparent du pouvoir à la fin du 12e siècle
et font basculer le Japon dans le moyen-âge. Au milieu
des troubles, le moine Urabe Kenko, dans ses Heures oisives
(autour de 1330, trad. de Charles Grosbois et Yoshida Tomiko,
Connaissance de l'Orient, Gallimard, 1968), note, au fil de son
pinceau, réflexions, anecdotes et considérations
en tous genres. Retiré du monde mais curieux de ce qui
s'y passe, nostalgique des splendeurs passées mais observateur
aigu de son temps, Kenko laisse dans cet ouvrage, apparemment
nonchalant et plein d'humour, une somme esthétique qui
ne cessera d'influer sur les générations suivantes. |
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par Cécile Sakai Cécile Sakai enseigne le japonais et la littérature
japonaise à l'Université Paris VII. Elle a traduit
une vingtaine de nouvelles et romans de Tanizaki Junichiro dont
Le chat, son maître et ses deux maîtresses et le
Journal d'un vieux fou dans uvres, tomes I et II, Gallimard,
Coll. Pléiade, 1997 et 1998. |
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Matsumoto Seicho, Tokyo Express, trad. du japonais
par Rose-Marie Makino-Fayolle, Picquier 1989. Hara Ryo, Nuit sur la ville, trad. du japonais par
Corinne Atlan, Albin Michel 1994. |
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par Cécile Sakai Enchi Fumiko, Chemin de femme, trad. du japonais par Anne Bayard-Sakai et Cécile Sakai, Gallimard 1999. Roman de facture classique qui conte la vie « exemplaire » d'une femme soumise à son mari haut fonctionnaire. Cette soumission selon les codes confucianistes se muera en une haine qui restera contenue jusqu'à la mort. Un récit tout en tension intérieure par l'une des grandes romancières des années 60. |
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Tsushima Yuko, Vous rêves nombreux, toi la lumière !, trad. du japonais par Karine Chesneau, Picquier. 1997. Un titre un peu alambiqué qui ne doit pas décourager de découvrir l'univers de cette romancière contemporaine, un univers construit sur le conflit entre la mémoire et le deuil, la lumière de l'enfance et l'ombre de la mort. Ogawa Yoko, L'annulaire, trad. du japonais par Rose-Marie
Makino-Fayolle, Actes Sud. 1999. |
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