Jipango No2. nov 1999 .
Voyage
au Japon (2).
Floraisons spectaculaires et nature
aux portes de la ville
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Marcel
Vrignaud est le directeur du Centre
d'Art Floral Ikebana, Chapitre Ohara France, l'association
qu'il a créée en 1966. Véritable pionnier,
il a formé des professeurs à travers la France
entière. Ses élèves viennent parfois des
Dom-Tom pour suivre ses cours. Stages, journées à
thème, à Paris ou en province, du niveau débutant
au confirmé, formation professionnelle, voyages au Japon,
l'école propose un enseignement des plus complets. Je suis parti au Japon pour un stage de 3 mois chez un horticulteur de Nagoya, alors que je terminais ma formation de paysagiste à l'Ecole supérieure d'horticulture de Versailles. Par hasard, j'ai rencontré un maître d'Ikebana et j'ai eu envie de suivre cet enseignement. Et le stage de 3 mois s'est transformé en séjour de 3 ans. J'allais prendre des cours à Osaka et à Kobe avec le Iemoto Ohara Houn, et je donnais des leçons de français pour gagner mon quotidien. J'étais le seul étranger au milieu d'une majorité de femmes, souvent âgées, toutes expérimentées. |
| . J'ai suivi tous les échelons de l'apprentissage, puis je suis rentré en France, où j'ai commencé à enseigner. L'Ikebana était alors quasi inconnu. Aujourd'hui, l'association compte en moyenne 600 membres permanents à travers la France, les Dom-Tom et l'Europe, sans compter les professeurs formés qui animent leurs propres groupes. Globalement, environ 2500 personnes pratiquent l'Ikebana Ohara en France. Nous organisons régulièrement des voyages d'étude au Japon. N'importe quelle période entre mars et octobre (exception faite de juillet et août) permet d'assister à de magnifiques manifestations de la nature. Le must reste la floraison des cerisiers en avril, en suivant la progression du front fleuri depuis le sud jusqu'au nord. Le rougeoiement des érables à l'automne est aussi spectaculaire. Mon conseil: sortez de l'axe traditionnel Kyoto/Nara/Tokyo pour visiter des villes de taille moyenne comme Takayama, Kumamoto, Nagoya... Equivalent d'Angers, Tours ou Vannes en France, ces villes vous donneront une bonne vision du Japon. De plus, la nature est aux portes de la ville comme à Nagoya, si proche de sites naturels comme Gifu ou la chaîne de montagne Tateyama. Allez aussi à Atami, petite ville très mignonne avec un onsen, source thermale d'eau chaude. D'Atami, en 1 heure de bateau, on arrive à Oshima, l'île aux camélias, accessible également de Tokyo. Cette île est un dépaysement total, et dispense un calme idéal après l'animation de la ville. Son climat tempéré est propice à une nature magnifique. Ne manquez surtout pas la serre tropicale... Nojiriko, dans le district de Nagano, offre de très beaux paysages, particulièrement autour des lacs. Les deux meilleurs moments dans cette région sont le printemps (pour la glycine) et l'automne (pour les érables). Si vous souhaitez prendre des cours d'Ikebana lors de votre séjour au Japon, c'est possible et je vous le recommande : les japonais sont très heureux d'enseigner à des occidentaux. Il existe des cours en anglais, mais prendre un cours en Japonais n'est pas gênant. A Tokyo, Hanamo (fleuriste dans le quartier d'Aoyama) donne de nombreux cours tous les jours à toutes les heures. Au Japon, les conditions sont idéales, surtout pour le choix des végétaux.L'Ikebana intéresse un nombre important de personnes et l'on peut se procurer chez le fleuriste les branchages et fleurs que l'on peut ensuite arranger soi-même en bouquet. Il est également possible de se faire livrer chez soi ce type d'arrangement. En France, la situation est un peu différente: les fleuristes souhaitent conserver le monopole de la composition florale, et, en outre, il faut rechercher dans la nature les branchages nécessaires à la réalisation d'un Ikebana, ce type de fourniture n'étant généralement pas commercialisé. . |
| Quoi qu'il en soit, l'Ikebana apporte à ceux qui le pratiquent beaucoup de satisfactions: richesse intérieure, connaissance plus approfondie de la nature, sensibilité artistique. Plus qu'une technique, c'est une philosophie. |
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Trouver chaussure à son pied
| Delphine
Kohler est styliste d'accessoires. Elle joue à
merveille des combinaisons de formes, matières et couleurs.
Sa marque, Facteur Céleste,
propose depuis 1994 une ligne de "zori", chaussure
typiquement japonaise, adaptée pour la vie occidentale.
Depuis cette date, son carnet de commandes est plein et son principal
client est ... le Japon ! J'adore les sushis ! Un jour, j'ai participé à un tirage au sort dans un restaurant, pour gagner des invitations à dîner. Et j'ai gagné un voyage au Japon. J'étais presque déçue, parce que je voulais des sushis, et, comme beaucoup de français, j'avais une vision très stéréotypée du Japon. Les groupes de touristes avec appareil photo, les grandes villes modernes, pas de campagne... Sur place, ça a été le coup de foudre. Toutes mes idées reçues sont tombées. Bien plus, j'ai senti que j'étais japonaise dans l'âme. |
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. Bien sûr, je retourne très souvent au Japon,
par goût et pour mettre en place le circuit de vente, choisir
les fournisseurs. J'ai même exposé un travail artistique
personnel inspiré des zori et geta (socques en bois).
A Tokyo, je ne manque jamais d'aller à Tsukiji
Fish Market, le marché au poisson. Il faut
se lever très tôt, mais lorsqu'on est sous l'effet
du décalage horaire, pas de problème. C'est un
endroit à voir pour le poisson, mais aussi pour toutes
les boutiques d'algues, de céramique, d'accessoires...
Et surtout pour l'ambiance ! |
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Si je vais à Kyoto, je m'arrange pour faire coïncider ma visite avec le marché aux puces qui a lieu à la fin du mois. On y trouve de tout. Je vous recommande également le Japanese Footware Museum à Hiroshima, qui présente un panorama des plus complets de la chaussure traditionnelle japonaise. J'ai visité ce musée à deux reprises et j'ai eu la chance de rencontrer son conservateur, monsieur Tetsuo Ushioda. Depuis, je caresse le rêve de réaliser une exposition de chaussures japonaises en France... |
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