Jipango No6 Nov 2001 .

 Le Japon comme vous ne l' avez jamais vu

EN VOITURE

Voyage au bout de l'angoisse

«Je me souviendrai toujours de ce jour
où nous nous sommes engagés sur cette belle autoroute

toute neuve. Nous étions à ce moment en pleine discussion et je m'occupais assez peu des panneaux. Au bout de quelques kilomètres, notre belle autoroute est devenue une route normale, puis une vieille route et, finalement, un simple chemin. Vaguement inquiète, j'arrête la voiture à proximité d'un chantier et réveille un conducteur d'engins de construction qui fait la sieste. Il m'affirme que je peux continuer, que la route reprend plus loin, que les travaux ne concernent qu'une petite portion de la route.

Rassurée, j'engage la voiture de location sur les cahots. Les gros engins font place aux brouettes et, finalement, j'ai la surprise de voir de vieilles femmes passer du sable au tamis. Jamais je n'aurais imaginé pouvoir assister à une telle scène dans ce Japon hyper moderne. Je m'arrête encore et demande si la route reprend. On m'affirme que oui mais sur un ton un peu goguenard.

Le chemin devient de plus en plus étroit. Si étroit que je n'ai même plus la possibilité de faire demi-tour. Pour couronner le tout, un violent orage éclate soudain. Nous n'y voyons plus à trois mètres. La "route" est traversée maintenant par des cours d'eau dans chaque ravin. Je crains de rester coincée au milieu. Dire que, quelques minutes auparavant, nous étions en pleine civilisation ! Au lieu de se calmer, la pluie redouble. Il n'y a pas âme qui vive depuis déjà plusieurs kilomètres. Le paysage doit être magnifique par beau temps et sans volant dans les mains !

Finalement, le chemin s'élargit et redevient carrossable. Mais à peine la route devient-elle assez large que je vois débouler d'énormes camions à fond la caisse qui n'imaginent absolument pas qu'une voiture puisse arriver d'en face. Je me rabats de justesse. C'est la dernière épreuve. Peu à peu, la route redevient normale. La pluie diminue. Nous arrivons à un village avec son lot de distributeurs de boissons. Le Japon redevient un pays calme et souriant.

Bien au chaud dans nos futons, nous regardons la carte de plus près. La route que nous avons prise est bien indiquée mais j'aperçois, en tout petit, une mention qui indique : "Ouvrira dans deux ans".

Jasmine Raeser.....



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A MOTO

Le plaisir de rouler entre les rizières

« J'aime la moto parce que c'est la liberté, l'individualité,
c'est une manière de découvrir
les choses en profondeur, de nouer des contacts humains.

Au Japon, j'ai souvent ressenti un goût de frustration parce que les routes japonaises que j'empruntais étaient difficiles. Il y avait beaucoup de circulation et les limitations de vitesse sont basses. C'est finalement en voyageant à la campagne, sur des routes peu fréquentées, que j'ai pu à nouveau respirer et retrouver le plaisir de rouler. Cette façon originale de découvrir le Japon m'a également permis de nouer de précieux contacts humains avec des gens spontanés tout surpris de trouver un étranger dans des régions désertes.

J'ai ainsi visité les grandes régions du Japon, c'est-à-dire Hokkaïdo, Shikoku et Kyushu. Hokkaïdo était mon premier voyage et m'a surpris par sa similitude avec les paysages français. On pourrait parfois se croire dans les Alpes de Haute-Provence, mais c'est une région très touristique, une destination relativement commune pour tous les Japonais. Je m'en suis rendu compte après, en découvrant Kyushu, où les paysages sont plus diversifiés, plus traditionnels, plus exotiques à mes yeux, notamment le mont Aso et tous les volcans éteints ou encore en activité.

L'île de Shikoku est plus désertique mais on y trouve de magnifiques paysages. Elle a gardé certains traits d'un Japon plus traditionnel. J'y ai découvert des gens accueillants, simples et spontanés.

Je dormais dans des minshukus et des ryokans sans jamais réserver à l'avance. Cela m'a donné l'occasion de rencontrer des personnes qui souhaitaient vraiment communiquer avec moi, savoir ce que je pensais de leur région.

Il est facile de se perdre au Japon, parce que les noms de villes, de routes ne sont pas toujours transcrits en caractères romains. Ca n'a jamais été trop problématique, c'est aussi au voyageur de s'adapter à la langue locale.

J'ai été réellement surpris de constater à quel point le réseau routier des campagnes japonaises était négligé par rapport à celui des autoroutes et des grandes villes. Les Japonais ne sont pas de grands voyageurs. Leurs vacances sont très réduites et ils n'ont que peu de temps pour s'évader.
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Pour les motards qui viennent au Japon pour peu de temps, il y a trois endroits à visiter absolument. D'abord Harajuku le week-end pour rencontrer la mode des " motos mangas " (chacun décore sa moto à son goût et selon sa personnalité). Ensuite, il faut aller aussi du côté d'Ueno, à Korin road, rue dédiée à l'accessoire moto. Je recommande enfin vivement une balade à Motegi dans la préfecture Tochigi, le nouveau circuit créé par Honda. Là se trouve justement le musée Honda, un musée magnifique sur deux étages qui permet de découvrir l'histoire de la moto japonaise. On peut y admirer la toute première moto construite par Soichiro Honda»

Franck Perret,
correspondant de Moto journal au Japon
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