Jipango No6 Nov 2001 .

 Le Japon comme vous ne l' avez jamais vu

A VELO

En dévalant le mont Fuji

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«4300 kilomètres sur les routes nippones, d'Hokkaido, l'île "nordique", à Ibusuki sur les rives méridionales,

c'est notre expérience japonaise ! Un exploit sportif ? Non, une randonnée cyclo-touristique en famille, à notre rythme.

Elle débute en 1995, quand nous atterrissons, au cur de l'été, à Kansai Airport, étroite plate-forme artificielle ancrée tel un porte-avions au large d'Osaka. Derrière de volumineux cartons qui se déplacent comme un défilé de chenilles processionnaires, 4 têtes-périscopes émergent. C'est notre premier voyage hors d'Europe. A l'instar des autres passagers, nous nous alignons à distance respectable du poste de contrôle réservé aux "gaijins", les étrangers. Une ligne jaune délimite cet espace. Sur le formulaire tendu à l'officier chargé de contrôler les papiers d'identité, une case à compléter : adresse de résidence. Vous expliquez que vous faites " saikuringu " (de l'anglais cycling), que, chaque nuit, vous allez dormir sous la " tento " dans un endroit différent dont vous ignorez l'existence. Voilà une réponse hors-norme, qui rend perplexe le dit employé, habitué à des réponses plus conventionnelles. Cette année-là, nous visiterons Kyoto, Tokushima, Matsuyama, Osaka, Beppu et Kumamoto. Depuis, nous avons effectué quatre autres voyages en 97, 98 et 2001 qui nous ont conduits à Fukuoka, Kagoshima, Ibusuki, Sendai, Ise, Kamakura et même Tokyo !

Si nous avons choisi le vélo, c'est d'abord parce que, pour une famille de quatre personnes, c'est le mode de transport le plus économique. Mais nous avons constaté que partout, cela permet de sortir des sentiers battus et favorise de vraies rencontres avec les Japonais.
Il est relativement aisé de trouver un endroit où poser sa tente même dans un tissu urbain dense, square public, proximité de terrain de sports Attention toutefois au bord des rivières, en cas d'orage, les crues peuvent s'avérer très soudaines et dangereuses. Nul n'est venu désapprouver cette occupation temporaire, nous n'avons jamais été contrôlés par les forces de police. Au contraire, nous avons souvent eu des visites amicales des riverains, curieux de connaître notre provenance, nos projets, l'âge des enfants. Notre nuit la plus insolite, nous l'avons passée sous l'un des tunnels bétonnés qui sert de protection contre les colères du volcan Sakurajima. Partout, les sanitaires sont nombreux, propres dans l'ensemble, et pourvus de papier.

Pour la nourriture, nous avons opté pour les bento, ces boîtes-repas cloisonnées pour séparer des portions de pâtes ou de riz, de quelques bouchées de poissons, omelette ou viande, accompagnées de quelques condiments, gingembre, algues, ou légumes inconnus. Pas de cuisine, ni de vaisselle pendant un mois, quelle aubaine !

Lorsque c'était possible nous suivions les vallées fluviales ou littorales afin de réduire les déclivités les plus importantes. Mais nous savions qu'après la montée, il y a toujours la descente Ainsi, depuis la 5ème station, sur les flancs du mont Fuji, nous avons dévalé la pente sur 30 km sans un seul coup de pédale jusqu'à Fujinomiya. Heureusement que nous avions vérifié nos freins ! Antoine, notre plus jeune fils, n'avait que 8 ans lors de notre premier séjour et a parcouru ses 1000 km comme un grand. Après une journée passée à transpirer à grosses gouttes, la seule pensée de se relaxer dans un bain nous enchantait. Les onsen, fleurissent dans tout cet archipel volcanique. De multiples hôtels proposent une diversité de bains. Pourtant, nous avons préféré le sento, le bain public du quartier, où les habitués laissent leurs affaires de toilette dans un panier. Plus modeste, mais tellement plus authentique. D'apparence discrète, il se signale généralement par un petit rideau orné de vagues. Femmes et hommes sont séparés. Bains froids, chauds, brûlants, on passe de l'un à l'autreplus ou moins rapidement. A Beppu à Ibusuki, de vénérables dames se font un malin plaisir de nous enterrer sous une couche de sable brûlant.


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Nos quatre séjours ont été jalonnés de ces gestes qui vous réchauffent le cur. Un pharmacien dans sa voiture pour nous offrir des boissons vitaminées. Une autre fois, un commercial médical nous a offert tout un lot de compresses décontractantes à appliquer sur les muscles. Au pied du mont Unzen, alors que nous étions à la recherche d'un " lavomatic ", un professeur de sport, à l'initiative de ses élèves, a mis à notre disposition les machines du lycée. Pour nous faire patienter, il nous a offert du thé et des gâteaux.

Dans ce genre de voyage, il faut savoir s'adapter aux circonstances : une fête de quartier bat son plein et vous vous retrouvez, quelques instants plus tard, un micro à la main à chanter Frère Jacques devant un parterre de Japonais indulgents. Vous quittez la scène sous les applaudissements avec, comme cadeau, une encombrante pendule sur le porte-bagages.Un matin, au réveil, nous nous sommes retrouvés nez à nez avec des sumotori martelant le sol de long en large, se frappant les cuisses et soufflant comme des bufs. Un tournoi était organisé au beau milieu du camping ! Et que dire de cette fameuse soirée où les pêcheurs de Yobuko nous ont invités à partager leur barbecue. Sur le ponton, toutes sortes de fruits de mer et coquillages grillés à la sauce de soja dégageaient un appétissant fumet. Le tout fut arrosé d'abondantes rasades de saké. Inoubliable ! »

Ferdy Gassot....

 

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AUTPSTOP

Sept conseils pour être pris

Dans le budget d'un voyage au Japon, le transport
- que l'on choisisse l'avion ou le train - occupe

un poste non négligeable. D'où l'idée de Will Ferguson, d'essayer l'autostop, une pratique quasi inconnue sur l'archipel. Dans son livre " The Hitchhiker's guide to Japan " 1(ed. Charles E. Tuttle) , il donne tous les conseils nécessaires pour voyager à l'il et au doigt ! En voici quelques uns :

« -Soignez votre look. Le stop au Japon ne va pas de soi. N'arborez donc pas un air trop cool, trop décontracté. Levez votre pouce nettement à la façon d'un empereur romain donnant son verdict. En même temps, ayez l'air un peu embarrassé de celui qui s'est perdu et voudrait bien qu'on l'aide à retrouver son chemin. Surtout, souriez le plus possible.

- Captez le regard. C'est la seule façon de créer le contact avec le conducteur. Les Japonais ne s'arrêtent pas spontanément mais peuvent parfaitement faire demi-tour ou marche arrière si votre regard les a émus. L'auteur raconte qu'un jour, dans l'île de Shikoku, une femme est passée quatre fois devant lui avant, finalement, de s'arrêter.

- N'oubliez pas la courbette. Si une voiture ralentit, amorcez une légère inclinaison . Cette attitude, familière aux Japonais, renforcera vos chances.

- Voyagez en couple. L'auteur a constaté au cours de ses multiples voyages, qu'on est plus souvent pris lorsqu'on est un homme et une femme. Deux femmes ont également leurs chances, mais deux hommes peuvent attendre très longtemps avant d'être embarqués.
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 - N'indiquez pas votre destination sur une pancarte, surtout si vous allez très loin. Les Japonais sont précis et n'aiment pas rendre un service à moitié. Ils peuvent considérer comme impoli de ne pas vous emmener exactement là où vous allez. De même, lorsqu'une voiture s'arrête, indiquez le nom de la prochaine agglomération et, une fois dans le véhicule, précisez votre destination finale. Dans tous les cas, redoublez de "sumimasen" (excusez-moi) et de "dômo" (merci).

- Faites les sorties d'école. Avec un peu de chance, on vous prendra pour l'assistant du prof d'anglais. De plus, les professeurs sont ceux qui, statistiquement, prennent le plus souvent les auto-stoppeurs.

- Laissez-vous materner. Une fois qu'un Japonais vous prend en charge, il le fait en général jusqu'au bout. Cela veut dire qu'il vous aidera à trouver un hôtel et s'occupera de la réservation par téléphone. Une telle sollicitude ne nous est pas familière mais, comme le précise l'auteur, c'est ce qui rend tout à fait unique l'expérience de circuler en stop au Japon : l'individualisme occidental rencontre la gentillesse japonaise et, ensemble, ils font un bout de chemin. »

1 www.amazon.com

 


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