Jipango No5 Mars 2001 .

 Agnès Bolley

 La vie de château

.

Interessée, au départ, par la calligraphie et la peinture, Agnès s'est découvert une passion pour le vin. Elle représente aujourd'hui la compagnie des vins de Bordeaux et de la Gironde. Qui l'eût cru ?

J'ai d'abord vécu au Japon entre 93 et 98. A cette époque, mes loisirs étaient la peinture sumi-e, la calligraphie et la poterie. J'ai commencé à donner des cours de dégustation le week-end.

En 1999, la société CVBG (Compagnie des Vins de Bordeaux et de la Gironde) m'a confié la responsabilité de créer leur bureau de représentation au Japon. Pendant 3 mois, j'ai bénéficié gratuitement des bureaux du Business Center du JETRO à Akasaka. C'est une aide très efficace qui met à disposition téléphone, fax et une adresse professionnelle immédiatement.

En tant que responsable du marché japonais et coréen, mon travail consiste à développer notre réseau de clientèle en trouvant de nouveaux débouchés pour nos vins de marque et autres châteaux. Cela implique d'aller voir les importateurs chez eux.

Je dois aussi former aux vins et à la dégustation nos clients, leurs vendeurs ou les clients de mes clients. Le plus efficace est de les accompagner à Bordeaux pour les sensibiliser tant au produit qu'à la culture du bordeaux. Récemment, par exemple, j'ai emmené à Bordeaux les meilleurs vendeurs des grands magasins Takashimaya sélectionnés en fonction de leurs ventes annuelles. Je leur ai fait visiter les grands châteaux, les ai formés au vin et la dégustation...Nous finançons ces voyages pour nos agents de marque. Ils rentrent motivés par les produits.

Depuis deux ans, le marché du vin au Japon est plutôt instable (les stocks sont importants) alors qu'en 98, il connaissait une croissance de 20 à 30% par an. Les vins chiliens et australiens sont devenus une sérieuse concurrence pour les vins français.

Le vin est devenu populaire suite aux recherches de médecins ayant prouvé que, malgré une alimentation très riche en graisses animales, les Français souffraient moins du cholestérol grâce à leur consommation quotidienne de vin rouge. La société vieillissante au Japon est très sensible à cet argument de santé.
Quand je suis arrivée en 93, le vin était très cher. Une bouteille de bordeaux coûtait entre 2500 et 3000 yen. Aujourd'hui, la dépense moyenne par bouteille oscille entre 1000 et 1500 yen. Le vin de table français est passé à 800 yen.

Malgré cette baisse des prix, la consommation est en baisse. L'attrait pour la nouveauté est un peu passé. De 4 litres par personne en 1998, la consommation est tombée à 3 litres en 2000 ! A titre de comparaison, le Français consomme 60 litres par an !

Mais le cercle des nophiles s'agrandit d'année en année et les écoles de vins se multiplient. Il y a plus de 20,000 sommeliers au Japon. Et quand un Japonais commence une activité, c'est en quasi professionnel qu'il s'y attèle. Ce sont les "wine fans" qui achètent les vins les plus chers à 30.000 voire 50.000 yen. Au delà du nectar, le vin est une véritable passion, qui offre accès à la culture française mais aussi à la terre car c'est un produit agricole. Aimer le vin implique une certaine philosophie de la vie. Le vin est associé à la bonne cuisine. Et les Japonais s'avèrent de très grands épicuriens. La vie du Japonais moyen n'est pas facile. Dès qu'on parle de vin, on parle de rêve, de culture, de plaisir. Une dégustation, c'est une évasion partagée !

..

Mon japon secret

Pour ceux qui veulent étudier la poterie, je recommande une école près du parc Shinjuku Gyoen. On peut voir des expositions et prendre des cours de poterie au tour ou aux colombins.

Parkside Togei club : Mme Saito Takako. 2-1-4 Shinjuku, Shinjuku-ku. Tél. 3341-0485

Pour les produits d'artisanat et les jouets : je vais toujours chez Bingoya à Shinjuku. On y trouve de très beaux paniers, des baguettes, de la poterie, des laques, des tissus et des jouets traditionnels. Même si c'est un peu cher, la qualité est exceptionnelle. 10-6 Wakamatsu-cho, Shinjuku-ku. Tél. 3202-8778.

Côté restaurants, j'aime la chaîne d'izakaya Toriyoshi à Omotesando, Ueno, Ikebukuro spécialisée dans le poulet grillé et épicé. C'est très simple, fin et bon marché. 1F Harmonie Harajuku Bldg., 4-28-21 Jingu-mae, Shibuya-ku. Tél. 3470-3901.

Et aussi, dans la petite rue à côté de la Yamanote Line à Shibuya, il y a des restaurants comme on n'en trouve nulle part ailleurs : des petites cases ou 5-6 clients maximum peuvent dîner au comptoir ou à l'étage. Certains offrent des yakitori, d'autres des nabe ou de la cuisine familiale, style Kyoto.

.


Copyright : JIPANGO

Création Page Web : Omnippon YAGAI