HOKKAIDO
ILE DE HONSHU
Aichi-Ken
Aomori-Ken
Chiba-Ken
Gifu-Ken
Hyogo-Ken
Nara-Ken
ILE DE SHIKOKU
Kagawa-Ken
Kochi-Ken
ILE DE KYUSYU
Kagoshima-Ken
Kumamoto-Ken

AICHI-KEN
" J'ai dansé au milieu des feux de Toyohashi "

« On dit souvent des gens de Aichi qu'ils sont fiers mais ils ont de quoi : trois des plus grands shoguns (Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi et Tokugawa Ieyatsu) sont originaires de ma région. Ce sens de l'honneur est si fort que, lors des mariages, à Nagoya, on organise un défilé de la dot : trois camions remplis de mobilier et de vêtements somptueux sillonnent le quartier où s'installera le couple. Les plus m'as-tu-vu vont jusqu'à louer des camions aux cloisons transparentes afin que les richesses qu'ils contiennent (louées avec le camion !) rendent les voisins jaloux ! On dit couramment qu'une riche famille se ruinera si elle a plus de deux filles à marier !

A Toyohashi, pour le festival Onimatsuri, au mois de février, au lieu de lancer des traditionnels mame (haricots) censés éloigner les mauvais esprits, le Kannushi-san (prêtre shinto) lance des ame (sucres d'orges) conservés dans de la farine pour éviter qu'ils ne collent les uns aux autres. Toute la ville, et pas seulement les enfants, court récupérer les sucreries tout en se faisant recouvrir de farine car cela porte bonheur.
Si vous vous rendez à Toyohashi au mois d'août, il ne faut surtout pas manquer les feux d'artifices tezutsu. Ce sont des rouleaux de cordages d'où jaillissent des flots d'étincelles rougeâtres et que les artificiers portent à bout de bras, sans aucune protection, en dansant dans la nuit au son des flûtes et des tambours depuis des siècles. C'est un spectacle absolument extraordinaire. »
(Mme Mizunoya, responsable de la boutique franco-japonaise Eucharis, 38, passage Choiseul 75001 Paris)

AOMORI-KEN
" J'ai vu tournoyer les lanternes géantes de Nebuta "
« La région d'Aomori est surtout connue pour son Nebuta Matsuri. C'est un grand festival où de gigantesques sculptures en tiges de bambou souples, peintes et illuminées de l'intérieur, défilent à la nuit tombée. Ces lanternes géantes sont tirées à la force des bras. Lors des arrêts, les participants les font tournoyer sur elles-mêmes à une vitesse impressionnante. Le Festival d'Aomori se déroule du 2 au 7 août et se termine par un feu d'artifice. Mais en tant qu'artiste, je vous conseille fortement, dans la ville même d'Aomori, le musée dédié à Shiko Munakata, célèbre graveur sur bois. Les adeptes de la modernité pourront visiter le très récent centre culturel conçu par Ando Tadao, l'architecte qui vient d'être chargé de réhabiliter les usines
Renault de Billancourt. La ville possède également un magnifique site archéologique de l'époque Jomon réputé dans tout le Japon. »
(Yuriko Yamaguchi, artiste peintre, elle vit entre Paris et le Japon)

CHIBA-KEN
" J'ai fait du surf tout près de Tokyo "
« Située à 30 minutes de Tokyo, Chiba est d'abord un lieu de résidence et de loisirs pour ceux qui travaillent dans la capitale. On y va pour faire du surf au jinko kaigan (une plage artificielle de quelques km) ou se divertir à Disneyland, mais il ne faut pas oublier de faire un tour au Kokuritsu Rekishi Minzoku Hakubutsukan, un formidable musée sur l'histoire du Japon et de ses habitants à Sakura. On y trouve des reconstitutions des habitations traditionnelles de toutes les époques avec des commentaires sonores en français. Juste à côté, le musée archéologique Kasori Kaizuka sur l'ère Jomon vaut également le détour.
Spécial gourmets :
Dans un registre plus gourmand, vous pourrez vous régaler de peanuts senbei : des biscuits traditionnels aux cacahuètes cultivées dans la région. »
(E. Mori, artiste peintre vivant à Paris)

GIFU-KEN
" J'ai assisté aux cent étapes de la fabrication d'un parapluie traditionnel "
« Classé “Patrimoine mondial” de l'Unesco, Shirakawa est un charmant petit village tapi au fond d'une vallée. Ses maisons rustiques, coiffées d'un imposant toit de chaume, sont dites de style Gassho, ce qui signifie “joindre les mains en prière” à cause de la forme de leur toit. De même, la petite bourgade de Takayama, au cœur des Alpes japonaises, a su conserver son atmosphère médiévale avec ses vieilles maisons de bois et de papier. Cette ville est chère aux Japonais car ils y retrouvent intact le Japon d'autrefois. Les festivals de Takayama, qui ont lieu en automne et au printemps, comptent parmi les trois plus beaux festivals du Japon. Pendant les festivités, les habitants de chaque vieux quartier de Takayama parcourent la ville en tirant leur chars richement décorés.

Artisanat
La ville de Mino fabrique du papier traditionnel Mino washi depuis 1300 ans. Le Mino washi est célèbre à travers tout le pays pour sa beauté et sa rigidité, et est utilisé pour la fabrication des panneaux coulissants et des lanternes.
La poterie de Mino,
Mino yaki, essentiellement fabriquée dans les villes de Tajimi et de Toki, est très appréciée pour sa beauté et la diversité de ses styles : Oribe, Shino et Kiseto.
La ville de Gifu est réputée pour la fabrication artisanale de parapluies en papier.

ONTJ
La procédure est très complexe et ne nécessite pas moins de 100 étapes, de la fabrication de la délicate ossature en bambou jusqu'au séchage final après l'enduction d'huile.

Spécial gourmets :
Le Hoba miso : grillade préparée sur un réchaud individuel en terre cuite. Des légumes de saison et des morceaux de bœuf de Hida sont cuits dans du miso (pâte de soja fermenté), le mélange étant posé sur une grande feuille séchée de hoba.
Le ayu, un poisson d'eau douce que l'on ne trouve qu'au Japon.
Il peut être apprêté de différentes manières, mais il est très apprécié simplement grillé au sel. »
(Ryoko Akiyama, participante du programme Jet à la préfecture de Gifu)

HYOGO-KEN
" J'ai assisté à la fête des bagarres de Harima "
« L'île d'Awaji est reliée aux autres régions du Hyogo par le Grand Pont du Détroit d'Awaji, le plus long pont suspendu au monde. L'île conserve néanmoins son charme de lieu retiré, n'étant accessible que par voie routière et étant desservie par un nombre limité de lignes de bus. Outre un riche environnement naturel, préservé par une économie de type traditionnel (agriculture, pêche, fabrication artisanale d'encens ou de tuiles), l'île d'Awaji est réputée pour avoir donné naissance au théâtre de marionnettes japonais, le ningyo joruri. Un musée situé au sud de l'île raconte l'histoire et les caractéristiques de cet art.
Harima est célèbre pour son remarquable château médiéval

ONTJ
souvent surnommé château du héron blanc en raison de la couleur de ses murs et classé au Patrimoine culturel de l'humanité par l'Unesco. Situé à Himeji, c'est l'un des plus beaux exemples de l'architecture médiévale japonaise. Au printemps, il attire de nombreux visiteurs venus admirer les cerisiers en fleurs. Mais la ville s'anime également à l'automne avec la tenue d'un matsuri haut en couleurs, le Nada Kenka Matsuri. Littéralement, fête des bagarres, cette festivité met en scène la compétition entre 7 villages proches, représentés par 7 mikoshi. Habillés aux couleurs de leur village , les hommes portent ces lourds autels et les font se heurter violemment au rythme des tambours.
Tanba : Située dans les terres intérieures, la région de Tanba est réputée pour la qualité de ses produits agricoles (champignons matsutake, haricots noirs) et pour sa spécialité culinaire à base de sanglier appelée botan nabe (l'aspect de la viande de sanglier évoquant, dit-on, la couleur des pivoines, botan en japonais). La principale ville de la région, Sasayama, conserve l'atmosphère des villes anciennes du Japon avec ses vieilles maisons et les ruines de son château. La région est également connue pour ses terres cuites Tachikui et ses grands fours de forme allongée (noborigama). Il n'est pas rare de découvrir, au détour d'une route, un atelier de poterie où l'on peut s'essayer à cet art pour une somme raisonnable. »
(Régine Prudhomme, participante du programme Jet à la préfecture du Hyogo)

NARA-KEN
" J'ai chassé les mauvais esprits sous la cendre incandescente "
« Tous les ans à Nara se déroule, au temple Mijoji, une cérémonie qui, chaque fois, m'a laissée bouche bée. Il s'agit de la fête du Omizutori, pour chasser l'hiver et annoncer le printemps. Durant les 40 jours qui précèdent, les moines ne se nourissent que d'un bol de riz quotidien. Ils sont vêtus d'habits de papier alors que le froid est glacial. Ce soir venu, ils allument de formidables brasiers formés par des bottes de branchages accrochés à des sortes de mats de près de 3 mètres de long qu'ils font rouler sur le balcon du temple. Je suis toujours terrifiée à l'idée que le temple, également en bois, ne se mette à flamber, mais cela n'est jamais arrivé. Parmi la foule attroupée sous le balcon, certains se précipitent sous la pluie de cendres parfois encore incandescentes pour recueillir le bonheur. Avant cela,
d'autres moines ont récité des sortes d'incantations pour conjurer le mauvais sort et chasser les mauvais esprits tandis qu'un grand feu brûle déjà sur un autel intérieur près d'une montagne d'offrandes de mochi. Certains moines se font frapper ! Il me semble assister à une sorte de rituel primitif, tout à fait fantastique.
Cette première fois, quand tout a brûlé, le silence retombe soudain sur la nuit. Alors que la foule se disperse, certains hommes pénètrent dans un couloir interdit aux femmes. Poussée par la curiosité, je me suis glissée, avec quelques autres, près de ce couloir et nous avons vu, à travers les lattes, un spectacle des plus fascinants. Les moines dansaient à un rythme très soutenu, chaussés de leurs getas, en chantant des chants très anciens. J'étais absolument ravie d'assister à ce culte shinto qui semblait avoir traversé les siècles. J'ai appris par la suite que les chants entendus cette nuit se transmettaient oralement - et uniquement oralement - de moines en moines. J'y suis retournée les années suivantes pour tenter d'enregistrer ces chants ancestraux. Les deux premières fois, je fus stupéfaite : la bande était totalement vide ! La fois suivante je réussis un bel enregistrement mais, à la première écoute, la bande s'est enroulée sur elle-même et je n'ai jamais pu la réécouter. J'y retournai une fois encore et là, ce fut un succès : je parvins même à faire entendre mon enregistrement à des amies qui en furent émerveillées. Dans ma joie, j'ai voulu envoyer cette bande à un ami resté en France. Il ne l'a jamais reçue… »
(Mme Olivier, ancienne présidente de l'association Connaissance du Japon)