HOKKAIDO
ILE DE HONSHU
Aichi-Ken
Aomori-Ken
Chiba-Ken
Gifu-Ken
Hyogo-Ken
Nara-Ken
ILE DE SHIKOKU
Kagawa-Ken
Kochi-Ken
ILE DE KYUSYU
Kagoshima-Ken
Kumamoto-Ken

Rien n'est plus important, pour un Japonais, que son « furusato », son lieu de naissance.
Même s'il vit depuis 20 ou 30 ans à Tokyo, c'est toujours avec une grande émotion qu'il pense au « village », là-haut, dans les montagnes du Hokkaido, ou à ce petit port de l'île de Shikoku où ses parents continuent de vivre de la pêche.
Presque tous les Japonais que vous rencontrerez ont dans leur cœur un « furusato » dont ils vous diront toujours qu'on y vit mieux qu'ailleurs, qu'on y mange des plats uniques et qu'on y trouve, au fond, la véritable âme japonaise. Au point qu'on se demande pourquoi ils ont quitté ce paradis ! Sans doute est-ce parce que penser au village natal procure plus de satisfaction que d'y vivre… Le mot le plus souvent utilisé pour exprimer cette mélancolie particulière du « furusato » est natsukashii. Un sentiment qui n'est, au fond, qu'une variante de notre « mal du pays » ou de la « saudade » portugaise. La notion de « furusato » est si importante que, lorsqu'ils s'expatrient, les Japonais se regroupent en associations régionales, les kenjinkai, pour évoquer ensemble le pays. Nous avons demandé à certains de ces « expat », ainsi qu'à quelques Français particulièrement aventureux, de nous servir de guides dans ce Japon des régions dont nous vous proposons de découvrir avec nous l'étonnante diversité.
Patrick Duval

HOKKAIDO
" J'ai entendu le grincement terrifiant des glaces polaires "

« Le Hokkaido, c'est un peu le royaume de la nature. On y va pour ses paysages et aussi pour rencontrer les Ainus, les premiers habitants indigènes du Japon. Aujourd'hui, les descendants de ce peuple tentent de préserver ce qui reste de leur patrimoine culturel. Au village reconstitué d'Asahikawa, il y a un très beau musée sur leur histoire et leurs coutumes.
A l'extrémité est de l'île, la région de
Shiretoko est classée parc naturel. Certaines zones sont même interdites aux êtres humains afin de préserver la faune et la flore ! L'hiver, depuis la petite ville de Shari, on peut admirer la banquise qui s'étend jusqu'en Russie.
A l'approche du printemps, la glace se craquèle et les plaques se frottent les unes contre les autres dans des grincements absolument terrifiants qui résonnent sur des kilomètres. Même en plein été, on peut visiter le
Musée de la banquise, avec une salle à -14°C (on vous prête des manteaux). J'ai été fascinée par la découverte des clionés, une sorte de petit crustacé translucide avec un cœur rose fluo. On le surnomme l'ange de la mer à cause de la forme de son corps.

© Seraillier / Ed. Nathan
C'est avec beaucoup d'excitation que j'ai fait le parcours du Shiretoko-goko (cinq petits lacs). On m'a même vendu une clochette pour éloigner les ours sauvages !
Un de mes meilleurs souvenirs restera l'ascension de la cascade d'eau chaude naturelle
Kamuiwakka. Plus on grimpe, plus l'eau est chaude. Si vous êtes fatigué, vous n'avez qu'à vous délasser dans une des nombreuses baignoires naturelles qui jalonnent la cascade.
Le mieux est de se mettre en maillot de bain dès le départ de l'escalade, mais attention aux égratignures : l'eau est chargée d'acidité et ça pique ! Heureusement, on peut louer sur place des walagi (sandales traditionnelles en paille tressée) pour ne pas glisser sur les pierres. »
(Anne Blanes, étudiante en licence de communication)

Spécial gourmets :
« C'est à Sapporo qu'est né le miso ramen (une soupe de nouilles au miso) inventée par le restaurant Sanpei, au centre de la ville. Il est toujours bondé mais sa popularité lui aurait, dit-on, fait perdre un peu de son authenticité. Le ramen de Sapporo n'a rien à voir avec celui de Kyushu, par exemple : ici, le bouillon est obtenu à partir de la pâte de soja fermentée. Quant aux nouilles, elles sont ondulées pour mieux recueillir le jus qui a une teinte marron.
Vous pouvez apprécier le
yakiniku (viande grillée) dans tout le Japon mais il n'y a qu'à Hokkaido qu'on consomme l'agneau. Il est accompagné d'une sauce locale à base de shoyu. Ici, on appelle cela le Gengis Khan ! » (Katsumasa Sato, serveur dans un café de Sapporo)

Des tissages poétiques
« Le Yukara-ori n'est pas seulement une forme d'artisanat traditionnel, il est l'identité même du Hokkaido. Réalisé à partir de laine de mouton (il y en a beaucoup dans la région) chaque fil est constitué d'une centaine de filaments de couleurs différentes…
En langue ainue, Yukara signifie poésie et Ori est le mot japonais pour tissage. Il y a plusieurs dizaines d'années, une artiste, Aya Kiyuti, a eu l'idée de s'inspirer des paysages du Hokkaido pour réaliser de magnifiques pièces qui ont fait le tour du monde. Depuis qu'un musée, le Kougeïkan, a été ouvert à Asahikawa, l'art du Yukara-ori se décline en vêtements et accessoires. »
(Maki Sasaki, artiste peintre, sociétaire de l'association des Peupliers)